Le véhicule autonome, moteur de débats

Ces dernières semaines ont été l’occasion d’une accélération du débat et des imaginations quant à l’avenir du véhicule autonome. Toyota et sa e-palette voient dans le véhicule autonome une toile sur laquelle dessiner une multitude d’usages, logement, bureau, commerce ou même cinéma. Ford Mobility et Google, à travers sa filiale Sidewalks Lab, tous deux soucieux de convaincre de leur utilité sociale, entendent faire de cette innovation lelevier d’une "recomposition des rues", qui replacerait l’usager et les interactions sociales au cœur de l’espace public. Face à cette ouverture du champ des possibles, d’aucuns rappellent que les pouvoirs publics doivent s’emparer de ces questions pour éviter que l’optimisation et le confort du trajet ne poussent davantage d’usagers sur les routes et n’augmentent les problèmes de congestion.

Mais ces débats ne seraient-ils pas un peu hâtifs ? Nadège Faul, en charge de la recherche sur le véhicule autonome chez Vedecom et Bruno Marzloff, sociologue au Lab OuiShare x Chronos, rappellent le fossé entre ces projections et les contraintes techniques, financières et règlementaires qui pèsent encore sur le développement de la voiture autonome à travers le monde. Alors que certains acteurs annoncent sa mise en circulation dès 2019, la question des modèles économiques notamment représente une inconnue de taille. Il ressort de cet entretien que les attentes de ralentissement de la ville, de proximité et de partages exprimées par les usagers devront être prises en compte dans le futur développement de services de véhicules autonomes.