Tourisme, attractivité et environnement : des liaisons dangereuses

La ville d'Amsterdam, dont le nombre de visiteurs annuel pourrait quasi doubler d’ici 2025 et atteindre 30 millions de personnes, a annoncé une série de mesures pour endiguer les conséquences du tourisme sur la vie quotidienne des habitants : restriction, voire interdiction de la circulation des modes de transports destinés aux touristes, des péniches aménagées en hôtel, des paquebots ou des boutiques de souvenirs. Autre mesure forte : la location de meublés sur Airbnb, qui était déjà limitée à 60 jours par an, passera à 30.

La capitale hollandaise est la seule capitale européenne où il est moins cher de dormir à l'hôtel que de louer un logement sur Airbnb, mais ce n’est en revanche pas la première à prendre des mesures contre le service de location en ligne. À Paris, la municipalité est ainsi engagée dans un bras de fer avec Airbnb, qu’elle a récemment assigné en justice pour non respect de sa mesure, qui établit une durée limite légale de location de 120 jours.

Pourtant, l'entreprise déclare s’investir contre le tourisme de masse. À la création de son Office of Healthy Tourism, elle a déclaré vouloir promouvoir le tourisme dans des pays moins visibles ou médiatisés et  faire de sa plateforme un levier de développement local. Il pourrait également s’agir d’un moyen de gagner des parts de marché dans des zones en plein essor touristique.

Au plan mondial, le tourisme a progressé de 7 % en 2017… avec un fort impact sur l’environnement. Des chercheurs de l’université de Sydney, en Australie, ont calculé l’impact lié aux transports mais également à la restauration, le logement, l’achat de souvenirs… Et ils ont estimé que l’activité touristique représente 8 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre