Tiers-lieux, comment ouvrir le champ vers les territoires ruraux ?

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La Mission Coworking dénombre à ce jour 1.800 tiers-lieux, cependant les territoires ruraux sont très en retard par rapport aux métropoles qui agrègent à elles seules les trois quarts des tiers-lieux. Désireux de ranimer des régions et de stimuler leur activité, le gouvernement veut soutenir le développement d'espaces de travail partagé dans les territoires ruraux et périurbains. Le rapport de Patrick Levy-Waitz, président de la Fondation Travailler autrement, remis mi-septembre au gouvernement, souligne en effet la fragilité économique des espaces de coworking et tiers-lieux où l'immobilier pèse environ 40% des charges. L'État a décidé d'appuyer l'émergence de 300 “fabriques des territoires” en consacrant 60 millions d’euros à leur développement, notamment dans les régions considérées comme délaissées, alors que la majorité des espaces de ce type se trouvent en ville.

Un tiers-lieu doit répondre aux besoins spécifiques d’un territoire donné, comme le rappelle au Figaro la gérante d’un centre de coworking dans les Yvelines. C’est à cette adaptation du tiers-lieu aux besoins du territoire que s’intéresse le Lab Ouishare Chronos pour son exploration “Mille Lieux”. Cette démarche a pour but d’étudier la diversité des tiers-lieux au-delà du coworking, l’hybridation des usages et des acteurs, et surtout, l’impact de ces espaces sur les territoires.
Conséquences individuelles et environnementales du travail flexible, résultat d’un processus social, ces espaces sont aussi le résultat d’une stratégie pour créer de la valeur : viabilité sociale, impacts économiques et environnementaux. Le fonctionnement de ces lieux peut aussi trouver un positionnement éthique sur ses usages et ses applications. Pour cela, le Lab Ouishare Chronos interroge en parallèle l’évolution du rapport au travail, le dynamisme économique des territoires, la création de communs et l’accélération de la transition écologique.

Impliquer les habitants et les acteurs du territoire apporterait une partie de réponse pour que ces lieux hybrides puissent s’ancrer localement et être des lieux vivants. L’exemple Colombien du tiers-lieu Casa B, démontre que les principaux agents de transformation d’un quartier ou d’un territoire sont ses propres communautés.