Sous les pavés… le bitume

Nous le foulons quotidiennement et sans y penser. Accessibilité, identité, résilience. Le sol de nos villes est pourtant pavé de divers enjeux, parfois difficiles à concilier. 

Les pavés ont été adoptés au Moyen-Age, quand le trafic piéton dans les rues rendait nécessaire l’établissement de sols plus résistants. Le bitume s’est ensuite imposé dans la plupart des villes pour faciliter le passage de divers véhicules et quiconque a déjà tenté de traverser des rues pavées à vélo sera sûrement sensible aux bénéfices de revêtements plus lisses. 

Or, l'uniformisation de la fabrique urbaine masque parfois des savoirs faire et matériaux propres à chaque région : dalles calcaires à Marseille, granit breton à Paris. Dans un contexte de marketing territorial, les sols peuvent refléter une identité locale et conférer de l’attractivité aux territoires. 

Mais l’accélération des phénomènes climatiques a également introduit une nouvelle contrainte de résilience. Le déploiement des villes éponges, dont nous discutions dans une précédente Quinzaine, vise notamment à prévenir les inondations. La ville de Berlin a ainsi entrepris un large mouvement de conversion de ses sols, privilégiant les matières absorbant l’eau là où elle se dépose, pour favoriser son évaporation dans les périodes chaudes et lutter contre les îlots de chaleur.

Reste à inventer de nouveaux matériaux, résistants et durables et, pourquoi pas, à puiser dans les savoirs locaux pour y trouver les savoirs-faire les plus adaptés à chaque territoire.