Quand votre lieu de vie vous pousse à être écolo

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Cette semaine nous interrogeons les liens entre les modes d’habiter et les comportements environnementaux. Vivre dans une tiny house, forme d’habitat alternatif et écologique, ou dans un parc naturel, aurait des impacts positifs sur les sensibilités environnementales des habitants.

Les tiny houses, sortes de maisons miniatures et mobiles, sont parfois adoptées pour leur faible empreinte carbone. Elles occupent par exemple moins d’espace au sol qu’une maison classique, contribuant à préserver la biodiversité. Au delà de leur qualité environnementale intrinsèque, vivre dans une tiny house encouragerait à adopter des comportements écologiques. Cela s’observe à la fois dans les modes de consommation alimentaire (manger des produits à faible impact environnemental : manger local, avoir recours à l’autoconsommation), dans les modes de transports (privilégier les déplacements à faible impact carbone) ainsi qu’en termes de préoccupation vis-à-vis des déchets (réduction de la production de déchets et limitation de la consommation de plastique). Cependant, des comportements négatifs sont observés à la marge : ces petits espaces mobiles de vie peuvent conduire à limiter la pratique du tri, à s’alimenter davantage à l’extérieur, et à favoriser les déplacements de longue distance.

Habiter ne se réduit pas seulement au logement, mais peut s’entendre au sens large de la relation entre l’individu et son environnement. Des chercheurs du CNRS et de l’Université de Montpellier, dont la publication a été recensée notamment par Usbek & Rica, ont montré que le contact direct avec la nature cultive la sensibilité au monde naturel et favorise des comportements pro-environnementaux. Le contact indirect peut également jouer un rôle, c’est l’un des objets d’étude de la psychologie de la conservation, qui cherche à comprendre ce qui relie les humains et la nature qui les entoure, et ce qui motive les humains à tenir compte de la nature dans leurs choix de vie. La place de la nature dans les produits culturels tels que les documentaires, les conférences et les films peut ainsi influencer « l’expérience de nature ».

Cette interrogation sur les liens entre contextes spatiaux, modes de vie, rapports affectifs aux espaces et sensibilité environnementale est d’actualité. En témoigne l’appel à contributions « les modes d’habiter et les sensibilités environnementales émergentes : quels enjeux pour la qualité de vie » lancé en avril dernier, par la revueDéveloppement durable et territoires. Cette publication, coordonnée par deux psychologues de l’environnement et une socio-ethnologue, viendra informer le rôle des mécanismes psychosociaux dans l’ancrage géographique des comportements et dans les engagements pro-environnementaux.