L’urbanisme circulaire, penser le réemploi de la ville

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Selon un rapport publié ce lundi par l’OCDE, la consommation mondiale de matières premières pourrait doubler d’ici 40 ans, une hausse principalement tirée par les matériaux de construction (sable et gravier, calcaire… etc). L’étude vient rappeler, s’il était besoin, la nécessité de sortir d’une gestion linéaire des matières premières et de poursuivre des démarches d’économie circulaire sur les territoires, qui priorisent le réemploi plutôt que le recyclage. 

De plus en plus d’acteurs s’engagent dans des processus de gestion et d’échange des ressources en boucle. A Plaine Commune, le projet Métabolisme Urbain, porté par l’intercommunalité vise à encourager l’économie circulaire dans les chantiers menés sur trente sites pilotes : en parallèle de l’accompagnement de filières locales de réemploi et de la mise en place de plateformes de tri, stockage et valorisation, un outil numérique a été créé pour rendre visible les gisements.

Mais une autre ressource peut-être économisée par les processus d’économie circulaire : les terres agricoles. L'artificialisation des sols augmente de 0,8 % par an depuis 2008, avec des conséquences sur l'autonomie alimentaire ou les risques d'inondation. Dans un article publié en mai dernier, Sylvain Grisot décrivait un “grignotage continu de la campagne par la ville”, effectué au détriment d’une réflexion sur les flux et d’une optimisation de l’utilisation des sols. Il préconisait donc d’apposer les principes de l’économie circulaire à l’urbanisme : intensifier les usages de l’existant, reconvertir les friches urbaines, recycler les espaces non réemployables et démolir pour pouvoir reconstruire sur un sol déjà artificialisé.

Cet “urbanisme circulaire” pour le développement duquel il donne des pistes (intégrer les enjeux de flexibilité à toutes les étapes de conception et de dissocier couche “stable” du bâti et couche très souple) s’illustre d’ores et déjà.

L'Ademe avait lancé en 2015 puis en 2017 des appels à manifestation d’intérêt “Economie circulaire et urbanisme”. L’un des lauréats de la seconde saison était le projet du Cadran Solaire, dans la métropole de Grenoble-Alpes. L’Ademe y accompagne la commune de La Tronche dans la réalisation, sur un ancien site militaire de 3 hectares, de logements et d'un pôle de recherche. Le projet a été distingué pour son ambition de créer un nouveau “cycle de vie d’un fragment de territoire” en réemployant certains des matériaux et en inventant de nouveaux usages dans le bâti existant.

Des projets prometteurs, qui devront être adossés à des démarches d’économie circulaire pour penser également le cycle de vie des matériaux utilisés, afin d’endiguer l’étalement urbain… et la surconsommation de ressources.