Le téléphérique, outil de désenclavement urbain

Le téléphérique urbain est un mode de transport en développement dans plusieurs villes à travers le monde (Medellin en Colombie, Rio de Janeiro au Brésil, la Paz en Bolivie, Haïfa en Israël, Alger en Algérie…). Ce système de transport de masse, résistant aux conditions météorologiques, peu consommateur d’espace au sol, fonctionnant à l’électricité, s’est développé depuis plusieurs décennies et amélioré au fil des années.

Depuis 2004, Medellin a misé sur cette solution pour désenclaver les quartiers pauvres et escarpés de Santo Domingo, situés dans les hauteurs de la ville. Ce “metro cable” présente l’avantage d’être complètement intégré aux autres systèmes de transport de Medellin. En 2012, des chercheurs étasuniens et colombiens ont montré que cette infrastructure urbaine a eu un fort impact en terme de réduction de la violence et des homicides dans ce quartier et a motivé des investissements dans des équipements et des services publics. Cependant, cela a engendré des déplacements de population, de la spéculation immobilière entraînant une augmentation des coûts des logements et des services de base.

Les projets de  téléphérique urbain permettent de desservir ou de relier des zones isolées du fait d’infrastructures de transport (autoroutes, voies ferrées) ou d’éléments naturels (fleuves, cours d’eau, collines..). Ainsi, en 2016, la ville de Brest a installé un téléphérique urbain permettant de traverser le fleuve qui coupe la ville en deux. Ce projet a permis d’accompagner des opérations de rénovations urbaines et de désenclaver certains quartiers de la ville en les reliant directement au centre-ville en quelques minutes. En 2015, la réglementation française a introduit des servitudes d’utilité publique de libre survol, de passage et d'implantation des dispositifs indispensables à la sécurité, rendant l'installation de ces téléphériques urbains moins contraignante.

Cependant, ces infrastructures de transport doivent veiller à ne pas décourager les actions à hauteur de voirie en faveur du développement de la mobilité douce et de la réduction de la place de la voiture en ville. L’installation de téléphérique mérite ainsi d’être restreinte spécifiquement aux territoires présentant une topographie contraignante.

Par ailleurs, certains projets sont décriés. C’est le cas du téléphérique urbain londonien qui enjambe la Tamise et qui a été inauguré pour les Jeux Olympiques de 2012 (investissements de la compagnie aérienne Emirates Air Line). On lui reproche notamment des coûts d’investissement exorbitants, d’être populaire pour les touristes uniquement et de ne pas être intégré au reste du réseau de transport de la ville.

Ces grands projets d’infrastructures de transport présentent des objectifs urbains différents et des retombées sociales et économiques multiples. Il appartient à chaque territoire de définir l’objectif et les effets attendus de ce moyen de transport : s’inscrire dans des projets touristiques, événementiels (comme pour les jeux olympiques de Rio de Janeiro et Londres) et/ou répondre aux besoins des populations locales en terme de desserte et d’accessibilité, tout en s’inscrivant à l’ensemble du réseau de transport existant.