Le numérique, une solution pour la transition agroécologique?

L’utilisation d’outils numériques dans l’agriculture implique l’intervention de nouveaux acteurs et de nouveaux procédés à différentes étapes de la chaîne de valeur et interroge leur potentiel pour une agriculture durable et respectueuse de l’environnement

Parmi les technologies qui peuvent être déployées, on compte des applications permettant d’identifier les mauvaises herbes dans les champs, des capteurs mesurant l’humidité de la terre et des végétaux ainsi que dans l’aménagement d’étables connectées permettant de traire et nourrir les vaches à distance. De nouveaux acteurs viennent bouleverser les activités principales de multiples exploitations agricoles et les modes de faire de nombreux agriculteurs. En effet, des startups proposent de nouveaux services à différentes étapes du cycle de vie agricole, en passant de l’approvisionnement à la consommation, jusqu’au financement participatif. C’est le cas de la Ferme digitale qui regroupe 13 startups françaises depuis 2016. En promouvant des solutions numériques auprès des agriculteurs adhérents, elle cherche à “promouvoir l’innovation et le numérique pour une agriculture performante et durable”.

L’institut #DigitAg consacré à l’agriculture numérique, récemment implanté à Montpellier, cherche à accélérer la recherche et le développement des technologies connectées au service de l’agroécologie  Pour Véronique Bellon Maurel, sa directrice, “l’utilisation du numérique accélère la transition agroécologique” et permet de “créer de nouvelles connaissances agroéconomiques”. Les capteurs peuvent permettre d’optimiser les consommations de pesticides et d’engrais, en dosant les intrants de manière plus précise, offrant ainsi des gains économiques et environnementaux.

Pour autant, ce système mène-t il nécessairement à une agriculture plus durable, moins intensive, dans laquelle les intrants chimiques néfastes à l’environnement seraient réduits?

Ces technologiques ne représentent pas l’unique réponse aux problématiques agricoles actuelles. En effet, leur recherche de performance peut entrer en contradiction avec les valeurs défendues par l’agroécologie, qui se présente comme un modèle agricole alternatif au courant conventionnel actuellement dominant.

La transition agroécologique serait plutôt l’occasion de faire participer directement les agriculteurs à des dispositifs d’économie circulaire pour le déploiement d’agroéquipements, de repenser les pratiques agricoles en se souciant de la préservation des ressources naturelles, de minimiser l’usage des ressources sensibles. (engrais, pesticides..), de favoriser la diversité génétique ou bien d’accroître la biodiversité fonctionnelle.