La vidéosurveillance en quête d'intelligence

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Cette semaine, nous nous penchons sur les progrès des technologies de vidéosurveillance. Il semble que tout mobilier ou équipement urbain devienne, tôt ou tard, “intelligent”. Les caméras ne sont pas en reste.

Dans le cadre d’une expérimentation, le syndicat mixte Yvelines Numériques a ainsi mis en place, dans des bâtiments publics (collèges, casernes, bâtiments administratifs), un système de vidéoprojection qui ne retransmet des images que lorsqu’un événement “particulier” survient.

Autre exemple en France, Two-I, une startup, a fait l’objet de nombreux reportages (et d’inquiétudes) : Two-I propose aux collectivités (le Monde cite Metz, Nancy et Nice) ou entreprises (gestionnaire de stades, afficheurs) un logiciel d’analyse des émotions des passants. Avec un taux de réussite de 75 %, ce dispositif permet d’indiquer si un individu se sent heureux, triste, en colère.

Au delà de ses applications évidentes en matière de ciblage publicitaire, ce service se revendique comme un outil destiné à guider l’action publique : améliorer l’inclusivité des transports en commun (en repérant les zones dans lesquelles les femmes semblent mal à l’aise ou dans lesquelles les personnes en fauteuil roulant rencontrent des difficultés), mesurer le taux de satisfaction des habitants, avant et après la réfaction d’un quartier.

Ce déploiement d’outils de plus en plus sophistiqués est présenté comme garant d’une meilleur gestion de l’espace. Il est cependant difficile de comprendre comment ils ont été conçus, et les limites apposées à leur utilisation. Peut-on réduire le bonheur à l'expression faciale ? Qui fixe ces catégories ? Comment ? Une interrogation qui nous rappelle les limites des outils technologiques dans la gestion de la Cité.