La déconnexion peut-elle avoir droit de cité dans la ville numérique ?

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L'hyperconnexion a des conséquences sur le comportement, la santé, le bien-être des individus… mais également sur la productivité au travail : 11 millions de journées seraient perdues chaque année au Royaume-Uni à cause du stress, auquel cette hyperconnexion participe.

La semaine dernière, Dropbox plateforme de partage de documents et de travail à distance, évoquait dans son podcast “In the Mood for Work” les difficultés d’application du droit à la déconnexion, entré en vigueur en janvier 2017. Celui ci pose qu’il ne peut pas être officiellement reproché aux salariés de ne pas répondre à leurs mails en dehors de leurs heures de travail. 

Pour expliquer ces difficultés à l'appliquer, Dropbox met en lien deux phénomènes liés au numérique.

D’une part, l’utilisation généralisée d’équipements numériques brouille les frontières entre vie personnelle et vie professionnelle. Le podcast ne mentionne pas le cas du télétravail, permis par ces mêmes équipements, qui offre aux travailleurs une plus grande flexibilité et auquel souhaite recourir au moins partiellement près d’un français sur deux  (contre 37 % en 2016). 

D’autre part, autonomiser les individus ne suffit pas, puisque la généralisation des outils numériques constitue un moyen de mesurer la performance individuelle au sein de l’équipe. Un salarié, s’il n’est pas obligé de répondre à son mail à 23h, pourrait en être contraint par des pressions internes... Les intervenants du podcasts plébiscitent alors un management favorisant la coopération des équipes plutôt que le tracking des performances individuelles, ce qui déchargerait les salariés d’une pression concurrentielle et permettrait un droit à la déconnexion effectif.

En somme, privilégier l'organisation humaine à l'utilisation d'outils numériques de suivi. Une idée à suivre qui rejoint les critiques adressées par le mouvement du slow web aux infrastructures des GAFA, comme le discours de certains chercheurs sur la ville numérique