Vélo partagé : Gobee.bike rend les armes trois mois seulement après son lancement

La start-up hong-kongaise vient d'annoncer qu'elle quittait les villes de Reims, de Lille et de Bruxelles. En cause : les nombreuses incivilités (vols, privatisations et dégradations des vélos) qui, en moins de 3 mois, sont parvenues à mettre à mal le modèle économique de cet opérateur de vélos partagés sans bornes. "Nous ne pouvons plus supporter ni le coût financier, ni le coût moral des réparations" a ainsi indiqué Gobee.bike à ses usagers rémois, lillois et bruxellois pour justifier le retrait de son service. A Reims par exemple, sur les 400 vélos déployés à l'automne, 380 étaient hors-service au bout de deux mois à peine. Le service est pour l'instant maintenu à Paris et à Lyon alors même que les vélos verts y subissent le même traitement.


Que nous dit ce lancement raté ? Au-delà de la fragilité des vélos et du modèle économique de Gobee.bike, ce fiasco met aussi en évidence un effet pervers qui accompagne le développement de l’économie de la fonctionnalité. En valorisant l'usage plutôt que la propriété (via des mécanismes de partage et de mutualisation), elle présente le risque d'une déconsidération de la valeur de l'objet par l'usager. On peut par ailleurs légitimement s’interroger sur l’impact environnemental de la production et la gestion de ces vélos en free-floating même si les intentions de départ sont d'encourager la pratique du vélo.