Espaces de coworking, une rentabilité à trouver

Les espaces de coworking prennent des formes et des ancrages de plus en plus divers. Mais, si leur nombre a été multiplié par dix depuis 2012, ces espaces peinent à trouver leur public ou leur rentabilité financière, en zone rurale comme au cœur des métropoles. 

Pourtant, les espaces de travail à distance sont souvent perçus par les pouvoirs publics comme un outil de développement du territoire. En témoigne la « Mission Coworking », une étude lancée début février par le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Cohésion des territoires, et dont l’un des enjeux est justement d’identifier des modèles économiques pour ces tiers lieux. 

Selon une étude de la Caisse des Dépôts, la présence d'un télécentre (tiers lieu dédié au télétravail) dans une commune permet de créer jusqu'à 9 emplois dans le secteur des services de proximité et d’attirer en moyenne 56 habitants supplémentaires. Le télétravail, qui peut permettre d’éviter des mobilités subies, est également promu par les collectivités au titre de l’intérêt général, mais reste peu pratiqué en France (8-17 % des salariés contre 36 % en moyenne dans les pays du nord de l'Europe). 

Les télécentres développés par les collectivités sont en général placés en dehors des quartiers d’affaires. Cependant, d'autres acteur privés, notamment dans l'immobilier, développent des espaces de travail à proximité des entreprises, destinés aux travailleurs nomades ou aux salariés, avec un fort niveau de service. Une tendance éloignée de l'esprit d'espaces de coworking conçus comme des communautés de travailleurs indépendants, mais qui préfigure peut-être l'entrée de ces acteurs de l'immobilier dans le Building-as-a-Service.